L’industrie de l’énergie renouvelable a connu une croissance remarquable au cours des 15 dernières années, et cet élan expose aujourd’hui une vulnérabilité inattendue que peu d’exploitants, d’investisseurs ou d’assureurs avaient anticipée : l’obsolescence des éoliennes et le risque croissant d’obsolescence des actifs d’énergie renouvelable.
Pour les propriétaires d’entreprises, les gestionnaires de risques et les exploitants de parcs éoliens qui gèrent des actifs énergétiques à long terme, le moment est crucial. Les fabricants ont progressivement mis fin au soutien des petites éoliennes (celles produisant deux mégawatts (MW) ou moins) alors que bon nombre d’entre elles sont encore à mi-parcours de contrats d’achat d’électricité (CAE) de 20 ans. En cas de défaillance, le processus de rétablissement est plus complexe et plus coûteux que ce que la plupart des programmes d’assurance reflètent actuellement.
Pourquoi l’obsolescence des éoliennes a atteint un point de bascule
Les éoliennes ont été conçues pour fonctionner pendant 20 à 25 ans, et la plupart des CAE ont été structurés autour de ce même cycle de vie. Ce que l’industrie n’avait pas anticipé, c’est la rapidité avec laquelle la technologie des éoliennes allait évoluer et la vitesse à laquelle les fabricants cesseraient de soutenir les modèles antérieurs.
Aujourd’hui, si une éolienne de moins de deux MW tombe en panne, les exploitants ne trouvent souvent pas d’équipement équivalent disponible. L'approvisionnement ou la rétro-ingénierie d’une unité comparable peut coûter entre 6 et 9 millions $ pour une éolienne initialement assurée à 2 millions $. Pourtant, la plupart des polices basent encore la couverture sur une règle générale de l’industrie d’environ 1 million $ par MW, un repère qui ne reflète plus les réalités actuelles du marché. C’est dans cet écart entre la valeur assurée et les coûts réels de remplacement des éoliennes que le risque devient le plus aigu.
Les assureurs réagissent en introduisant des plafonds de couverture par éolienne et par emplacement. Comme les éoliennes sont réparties sur de grandes superficies éloignées, la perte maximale probable d’un parc éolien se limite généralement à une seule éolienne. Les coûts de remplacement des unités plus anciennes atteignent de six à neuf fois leur valeur assurée. En réponse, les structures de franchise sont passées de 50 000 à 100 000 $ à 1 million $ ou plus, une conséquence directe de l’écart croissant entre les valeurs assurées et les valeurs réelles des actifs.
Trois voies à envisager pour les exploitants de parcs éoliens
Face à l’obsolescence des infrastructures énergétiques, les entreprises évaluent généralement trois options stratégiques, chacune ayant des implications financières et opérationnelles distinctes.
- Réhabilitation. Remplacer les anciennes éoliennes par des modèles plus récents et plus efficaces peut augmenter considérablement la production énergétique d’un site. Les éoliennes modernes doublent ou triplent souvent la capacité des équipements plus anciens sur la même superficie, tout en préservant les infrastructures existantes comme les routes d’accès, les raccordements au réseau et les ententes foncières. La réhabilitation peut également permettre de profiter des crédits d’impôt à la production et d’autres incitatifs actuels, bien qu’elle nécessite des investissements en capital importants et des permis mis à jour.
- Prolongation de la durée de vie. Certains exploitants choisissent de prolonger la durée de vie opérationnelle des éoliennes grâce à des programmes complets de réfection et d’entretien amélioré, y compris des évaluations structurales, des mises à niveau de composants et une surveillance plus fréquente. Bien que moins coûteuse que la réhabilitation, la prolongation de la durée de vie reporte plutôt qu’elle ne résout la décision sous-jacente liée à l’obsolescence.
- Déclassement. Lorsque la réhabilitation ou la prolongation de la durée de vie ne sont pas économiquement viables, un déclassement planifié permet aux exploitants de se retirer selon leurs propres conditions, en démantelant les éoliennes, en retirant les infrastructures et en remettant les sites en état conformément aux baux et aux règlements environnementaux. La planification anticipée est essentielle; attendre une défaillance catastrophique crée une exposition à la responsabilité et complique les enjeux d’assurance.
Les implications en matière d’assurance que les exploitants doivent comprendre
Lorsqu’une éolienne tombe en panne et que les coûts de remplacement dépassent la valeur assurée, les exploitants font face à une décision aux conséquences financières importantes. Si le remplacement n’est pas viable — particulièrement vers la fin d’un CAE — la réclamation peut être réglée sur la base de la valeur réelle (VR) plutôt que du coût de remplacement. Ce changement implique un remboursement considérablement réduit et la perte de la couverture pour perte d’exploitation.
Un règlement sur la base de la VR peut également placer une organisation en violation des clauses restrictives, qui exigent généralement que les actifs soient assurés à leur pleine valeur de remplacement. C’est pourquoi une assurance précise des actifs d’énergie renouvelable est à la fois une préoccupation opérationnelle et financière. Les dirigeants du secteur énergétique peuvent prendre plusieurs mesures proactives dès maintenant :
- Mettre à jour les évaluations des actifs. Les états de valeurs qui reposent sur des hypothèses historiques par MW doivent refléter les coûts réels de remplacement des éoliennes, en tenant compte du modèle, de l’âge, de l’emplacement et de la disponibilité actuelle dans le marché.
- Explorer les avenants de valeur agréée. Pour les actifs vieillissants, cette approche permet aux exploitants et aux assureurs de prénégocier un montant de règlement pour des éoliennes spécifiques, un montant qui satisfait aux exigences du prêt et assure un flux de trésorerie jusqu’à la fin d’un CAE.
- Consulter vos conseillers en assurance de manière proactive. Des discussions transparentes et éclairées avec vos conseillers en assurance dès maintenant permettent d’élaborer des stratégies pour maintenir l’accès aux capacités dans un marché en évolution.
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