Quatre mesures stratégiques à prendre en 2026
L’an dernier à la même époque, les incendies de forêt inattendus qui ont ravagé Los Angeles sont venus rappeler brutalement une réalité : les perturbations n'attendent pas un cycle de planification stratégique. Avec 40 milliards $ de pertes assurées et des milliers d'entreprises confrontées à des demandes d'indemnisation complexes pour interruption d'activité1, une vérité s'est imposée : la maturité en gestion des risques se construit bien avant une crise, et c'est ce qui détermine qui reprendra ses activités en premier.
L'Enquête 2026 sur la rentabilité et la résilience de HUB International montre que cet écart se creuse. Près d'un tiers des organisations fonctionnent sans stratégie de gestion des risques mature à l'échelle de l'entreprise, et seules 5 % d'entre elles font preuve d'une maturité avancée. Face à la hausse des coûts, aux cybermenaces liées à l'intelligence artificielle, à l'instabilité géopolitique et aux événements climatiques, les organisations doivent passer d'une attitude réactive à une attitude proactive.
Voici quatre mesures stratégiques à privilégier en 2026.
1. Calculez votre coût total du risque (TCOR)
La plupart des organisations sous-estiment l'impact financier global du risque. Au-delà des primes, le coût réel comprend les expositions non assurées, la volatilité, les interruptions d'activités, les atteintes à la réputation, les franchises et les montants d'autoassurance. Pourtant, seulement 31 % des organisations prennent en compte la réputation dans le coût total du risque, malgré son effet démesuré après une crise.
Les incendies de Los Angeles l'illustrent clairement : le déblaiement des débris, la mise à niveau des normes, le retard dans la réouverture, les défaillances des fournisseurs et les coûts de relocalisation peuvent dépasser les pertes assurées et prolonger les temps d'arrêt.
L’ANGLE HUB : On ne peut pas gérer ce qu'on ne voit pas. Une vue d'ensemble des coûts liés aux risques aide les dirigeants à allouer judicieusement leurs capitaux et à renforcer leur résilience bien avant que les perturbations ne surviennent.
Points clés pour 2026
- Élargir le coût total du risque pour inclure la réputation, l'exposition réglementaire, les pertes non couvertes et la volatilité.
- Utiliser la modélisation des catastrophes, la quantification cybernétique et l'analyse stochastique.
- Réévaluer la couverture chaque année à mesure que les évaluations, les chaînes d'approvisionnement et les expositions climatiques évoluent.
2. Intégrez l'analyse des risques dans la planification stratégique
Seulement 26 % des organisations utilisent les risques passés, actuels et futurs pour guider leur prise de décision. Sans une vision prospective des risques, des stratégies qui semblent solides sur papier peuvent s'effondrer lorsque les conditions changent.
Les experts de HUB en assurance des biens, en assurance de dommages et en cyberrisques soulignent que de nombreuses pertes sont prévisibles à partir de données pertinentes. Les organisations qui ont intégré les tendances climatiques, la dynamique du travail, les informations sur les cybermenaces et des évaluations précises dans leur planification l'année dernière ont évité les augmentations de primes imprévues et les retards dans la chaîne d'approvisionnement que d'autres ont connus.
« Lorsqu'une entreprise subit une perte, elle augmente souvent sa couverture. C'est très réactif », explique Blake Giannisis, responsable de la pratique en assurance des biens chez HUB. Les organisations matures inversent cette tendance : elles anticipent les impacts avant qu'ils ne se concrétisent.
L’ANGLE HUB : La clarté vient des données. Lorsque les décisions sont mises à l’épreuve face aux risques émergents, les dirigeants agissent plus rapidement et avec moins de surprises.
Points clés pour 2026
- Intégrer les risques climatiques, liés à la main-d'œuvre, cybernétiques, liés à l'IA et géopolitiques dans vos cycles de planification annuels.
- Utiliser la modélisation de scénarios et les tests de résistance pour valider votre stratégie avant d'investir.
- Intégrer l’évaluation des risques dans les décisions d'allocation de capital et de budgétisation.
3. Établissez les fondements de la continuité de vos activités
Comprendre les vulnérabilités et le coût potentiel des temps d'arrêt constitue le fondement de la résilience. Pourtant, alors que 61 % des organisations déclarent disposer d'un programme de gestion des risques d'entreprise (GRE), seulement 52 % d’entre elles ont un plan détaillé de continuité des activités. Comme l'explique Raymond Monteith, responsable de la résilience organisationnelle chez HUB : « Un programme GRE qui n'inclut pas de plan de continuité des activités néglige la composante cruciale de la résilience opérationnelle qu'offre un plan d'intervention et de reprise. La GRE et la continuité des activités devraient être étroitement intégrées. »
L'importance de la préparation est évidente. Lorsqu'un ouragan majeur a frappé le sud-est des États-Unis, une banque régionale disposant d'un plan de continuité des activités intégré a été la première à rouvrir ses portes. Son avantage ne relevait pas de la chance, mais d’une évaluation, d’une planification et de tests effectués bien avant l'arrivée de la tempête.
L’ANGLE HUB : La résilience ne se bâtit pas en situation de crise. Elle se bâtit bien avant qu'une crise ne survienne.
Points clés pour 2026
- Réaliser une analyse d'impact sur les activités et mettre à jour les plans de continuité des activités chaque année.
- Tester les plans de continuité des activités et les plans d'intervention à l'aide de simulations et d'exercices sur table.
- Considérer la continuité des activités comme une composante indispensable de la GRE, et non comme un effort distinct.
4. Répartissez la responsabilité des risques dans toute l'organisation
Seulement 15 % des organisations considèrent que la gestion des risques est l'affaire de tous, même si 67 % d'entre elles ont un gestionnaire des risques ou une fonction GRE dédiée. Raymond Monteith qualifie ces 15 % de « répondants les plus matures », car ils comprennent que les risques opérationnels, cybernétiques et de réputation proviennent de l'ensemble de l'entreprise, et non seulement de l'équipe de gestion des risques.
Les organisations qui intègrent la responsabilité partagée sont plus à l’affût des risques émergents, ont des temps de réponse plus rapides et une meilleure harmonisation entre la stratégie et l'exécution.
L’ANGLE HUB : Les organisations les plus résilientes font du risque l'affaire de tous, et facilitent la prise de mesures concrètes.
Points clés pour 2026
- Intégrer l'identification des risques dans chaque rôle et chaque plan de performance.
- Former les employés à repérer, signaler et atténuer les risques opérationnels et cybernétiques.
- Créer des comités interfonctionnels pour élargir la visibilité et accélérer les actions.
Une année 2026 résiliente commence par la maturité en gestion des risques
La maturité en gestion des risques ne doit pas être considérée comme un élément secondaire, car elle représente désormais un important facteur de différenciation. Les organisations qui renforcent leurs fondements de continuité des activités, prennent des décisions éclairées en matière de risques, comprennent le coût réel des risques et intègrent une responsabilité partagée se remettront plus rapidement et surpasseront leurs concurrents qui s'appuient sur des approches réactives.
Téléchargez le rapport complet des Perspectives 2026 de HUB International pour l’Amérique du Nord afin de comparer votre organisation et de tracer votre voie vers une plus grande rentabilité et une meilleure résilience pour l'année à venir.
1 Swiss Re, « Wildfires and thunderstorms drive global insured losses in first half of 2025 », 6 août 2025.
